En Coupe du monde de VTT Cross-country, la performance ne repose pas seulement sur l’entraînement des coureurs ou le matériel dont ils disposent. L’alimentation joue un rôle central, et au sein du Specialized Factory Racing, c’est Alan Murchison, chef spécialisé dans la nutrition sportive, qui élabore les menus adaptés besoins des athlètes. Il dévoile les secrets alimentaires qui contribuent aux succès de l’équipe.
Le jour des courses, un seul mot d’ordre pour l’alimentation : la simplicité. « Chaque coureur a un timing précis et une méthode bien définie pour absorber les glucides. Les amateurs pourraient apprendre beaucoup de cette approche très simple », explique Alan Murchison. En temps normal, les repas incluent beaucoup de fibres grâce aux céréales complètes, légumineuses, noix, graines, fruits et légumes. Mais avant une épreuve, la stratégie change : « Dans les 48 heures précédant la course, on réduit les fibres : riz blanc, pâtes, protéines maigres. Rien de révolutionnaire, mais c’est une pratique qu’il faut tester à l’entraînement avant les grands rendez-vous ». Avant une course, tous les coureurs mangent du riz au lait. « C’est une recette éprouvée. On sait que ça marche », soutien Alan Murchison.
Un tour du monde culinaire
L’après-course est tout aussi structurée. Après un XCC (short track), le chef prépare un sauté de nouilles de riz : rapide, digeste et riche en protéines et glucides. Après un XCO (cross-country olympique), les athlètes savourent des burritos garnis de glucides supplémentaires, une véritable récompense après l’effort.
Avec des pilotes venus de cinq pays différents, trouver des plats qui plaisent à tous est un défi permanent. « Les saveurs asiatiques ont toujours du succès – nouilles, currys thaïlandais, plats d’inspiration chinoise », confie Murchison.
Et si l’on demande quel plat déclenche les plus grands sourires, la réponse est simple : un burrito post course, les traditionnels pancakes salés du samedi midi, ou encore… un bon gâteau d’anniversaire, car « il y a toujours des anniversaires pendant les semaines de course ».
Pour maintenir l’équilibre et éviter la monotonie, chaque repas propose au moins trois sources de protéines : viande, poisson et alternatives végétales. Les athlètes peuvent ainsi composer leurs assiettes selon leurs envies et leur tolérance digestive. Le chef ajuste aussi les menus selon les conditions : soupe chaude après un entraînement pluvieux à Leogang (Autriche), ou smoothie bowl rafraîchissant sous la chaleur d’Araxá (Brésil).

Des conseils pour les amateurs
Pour ceux qui veulent s’inspirer des pros, Alan insiste sur un point essentiel : « Beaucoup de vététistes amateurs font tout correctement chez eux, mais perdent leurs repères en déplacement. La clé, c’est d’apprendre à cuisiner sur la route et de répéter ses routines alimentaires avant les grands événements. »
Ce qu’il faut retenir :
- Avant une course ou une randonnée : privilégier les glucides simples et protéines maigres, limiter les fibres ;
- Pendant la course ou la randonnée : chaque coureur utilise ses propres produits nutritionnels, testés et validés ;
- Après la course : des plats riches en glucides et protéines, faciles à digérer ;
- Au quotidien : varier les sources de protéines, ne jamais négliger le plaisir et l’adaptation aux conditions climatiques.
En suivant ces principes, les pilotes Specialized Factory Racing (Victor Koretzky, Chris Blevins, Martin Vidaure, Adrien Boichis, Laura Stigger, Sina Frei et Halley Battens) abordent chaque course avec un avantage déterminant : une alimentation pensée pour optimiser leur performance, tout en conservant le plaisir de manger.