Après une saison 2025 marquée par le doute et l’épuisement, Loana Lecomte avance désormais dans une phase de reconstruction assumée. La Française tente de rebâtir des fondations solides avant de retrouver les sommets du VTT cross-country mondial.
La carrière d’un athlète de haut niveau n’est jamais linéaire. Elle est faite de hauts, de bas, de moments de doute et de blessures. En septembre 2025, Loana Lecomte (26 ans) publiait un message sur ses réseaux sociaux dans lequel elle se livrait sur son besoin de « prendre de la hauteur, s’écouter et accepter ». Après des championnats du monde catastrophiques où elle avait été contrainte à l’abandon dès le premier tour de course, Lona Lecomte avait reconnu que la saison 2025 fut « une vraie épreuve ». Dans une interview accordée au Dauphiné Libéré sur cette période difficile, elle avait même expliqué, sans détour, avoir fait un burn-out.
« J’ai alors fini par accepter que j’étais mal, que tout le monde avait raison autour de moi depuis un moment, mais je ne voulais pas les écouter. C’était une accumulation de 4-5 ans, où je me suis engouffrée peu à peu dans cette spirale infernale. »
Une reconstruction tournée vers 2027 et 2028
Début mai, en Corée du Sud, lors de l’ouverture de la Coupe du monde de VTT, Loana Lecomte a ponctué son retour à la compétition d’une 29e place au classement général de la course de Short Track, puis la 21e position lors du cross-country olympique. Deux résultats anecdotiques puisqu’elle veut profiter de la saison 2026 pour construire quelque chose de très solide avant d’aller chercher la performance.
« J’ai reconstruit quelque chose de nouveau, de plus fort, de plus authentique et de plus simple, a expliqué la championne d’Europe 2022. Tout le monde me dit qu’il me faut du temps, que je dois être patient… et ils ont raison. C’est facile à dire, mais tellement difficile à mettre en pratique, surtout pour une personne impatiente et avide d’agir comme moi. Je sais que j’avance pas à pas dans la bonne direction, mais honnêtement, certaines étapes semblent bien plus lourdes que d’autres. J’ai tellement de chance d’être entouré de personnes en qui j’ai une confiance absolue. Une chose est sûre : je n’abandonnerai jamais. Je sais où je veux aller et pourquoi. »
Cette dynamique de reconstruction s’est matérialisée de manière plus symbolique encore le 31 mai dernier. Sur le parcours des Jeux olympiques de Paris 2024, où elle avait connu une chute marquante, Loana Lecomte a cette fois levé les bras en Coupe de France. Une victoire libératrice, presque symbolique, comme un point final à une période douloureuse.
« Tout ce que je porte sur mes épaules depuis deux ans, je le laisse ici et maintenant, c’est parti pour de nouvelles aventures »
Loana Lecomte songe déjà à 2027 et aux mondiaux de cyclisme qui se dérouleront chez elle, en Haute-Savoie. Et surtout, 2028 reste dans un coin de sa tête, avec les Jeux olympiques de Los Angeles en ligne de mire.
En reconstruction, mais loin d’être résignée, Loana Lecomte avance désormais avec une idée claire : retrouver la performance, sans brûler les étapes. Comme le rappelle souvent le haut niveau, savoir se relever est parfois la première des victoires.
